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02.05.2017

SLACK REUNION

Interview :
Salut Coco et nico, alors, on veut tout savoir sur votre projet à la Réunion !

    Notre projet était de partir du 10 au 28 avril 2017 à La Réunion afin de découvrir l'île à travers la slackline. Nous voulions y mettre des sangles au sol, au dessus de l'eau, du vide, aller sur des spots connus mais aussi ouvrir des lignes, découvrir la communauté de slackeurs locaux, et goûter les spécialités locales. 

    Tout commence le 9 avril au soir lorsque je rentre du boulot et que Nico m'annonce qu'il y a une grève de contrôleurs aériens et que notre correspondance à Paris ne se fera pas. Après plusieurs appels (merci Domi) nous arrivons à changer notre billet Lyon-Paris au lendemain matin 6h (au lieu de 18h initialement). 

Il nous reste donc 4 heures chronos pour préparer nos sacs ! Balance d'un côté, sac et matériel de l'autre, nous réglons nos sacs au mousqueton et à la chaussette près (22,5kg pour l'un 22,8kg pour l'autre, 5kg d'habits entassés sur nous et 14,8kg dans le sac de cabine, ça passe enfin!). 

Et nous voilà partis ! Pas d'oubli de passeport pour cette fois, simplement un portable oublié dans la voiture pour Nico, et un oubli de carnet de parachutisme pour moi (on se débrouillera sans). 

Départ difficile mais au final, parlez nous de votre arrivée.

    Le 11 mars nous arrivons enfin à Saint Denis de La Réunion. La sortie de l'avion est surprenante, j'étais avec mes chaussettes de ski, mon legging et mon pantalon, mon sous pull, sweat et doudoune et d'un coup l'été commence ! Il devait faire au moins 35 degrès !

Georgina Choukroun, notre hôte remarquable du séjour nous attend à la sortie de l'aéroport pour nous ramener chez elle à Etang Salé où nous retrouvons de nombreux autres slackeurs qui nous attendent pour prévoir le séjour autour de spécialités locales : tartare de thon, bouchons réunionnais (genre de beignets de viande) et dodos à gogo (source d'hydratation principale des réunionnais). 

2 heures après notre arrivée chez elle, nous recevons un appel d'Arnaud (Ouin Ouin pour les intimes) qui nous attend avec ses collocs Mathieu et Caro à l'aéroport … Tout commence bien:) la communication est parfaitement établie. 

    Pour nous rafraîchir un peu de toute cette chaleur à laquelle nous ne sommes pas encore habitués ils nous proposent d'aller installer de petites slacks sur la plage d'Etang Salé. Cette plage est surprenante avec son sable noir dont Nico se souviendra. Mais pas de baignade en vue, gare aux requins !

Nico goûte le sable d'Etang Salé 

    A partir de là, les lignes vont s'enchaîner tout au long de notre séjour ! 

    Le 2ème jour, nous partons poser 2 waterlines à Bassin 18 : un petite d'une 20ène de mètres et une grande d'une 50ène de mètres. Chacun la sienne:)  

Ce bassin était un replis de la mer dans lequel (en théorie) les requins ne pouvaient pas passer. L'eau était donc plutôt chaude pour les non frileux. 

Nous y croiserons de nombreux slackeurs métropolitains, le monde est petit ! 

On en profite également pour faire connaissance avec Aurélien Chantrenne (Teten Prod) qui nous suivra ensuite avec son appareil photo dans tous les recoins de l'île pour nous filmer dans les meilleures et les pires situations. 

Nico – Bassin 18 

    Le 3ème jour nous pensions aller à Cap Méchant mais la queue d'un cyclone nous tombe dessus ! C'est le déluge ! On profitera donc simplement d'une accalmie pour aller mettre une ligne à Grande Anse. Nous voulions mettre une jump mais le vent était beaucoup trop fort ! On se contentera d'une petite longue. Cette plage est réputée pour sa pelouse magnifique et moelleuse à souhait ! 

Coco – Grande Anse 

    Le 4ème jour, le déluge s'est calmé mais la houle est toujours là. Nous partons découvrir Cap Méchant qui porte bien son nom ! Nous poserons la petite ligne appelée Le Souffleur de Sel, car c'était celle où les vagues étaient les plus grosses. Celles-ci passaient au dessus de nous pendant que nous slackions, elles essayaient de nous retourner. C'était très amusant de ne pas savoir tout à fait quand elles allaient nous arriver dessus, il fallait rester bien concentrés. 

Lorsque je suis montée dessus j'ai tout de suite voulu la jumper, malheureusement elle n'était pas fait pour, alors je me suis contentée de marcher. Mais après ce jour, je n'ai pas arrêté du séjour de penser à y installer une jump, les personnes présentes en témoigneront, mais l'on reviendra là dessus plus tard. 

Coco – Cap Méchant 

Démontage Cap Méchant – Photo : Teten Prod  

    A 11h, nous détendons la ligne et partons à Grand Galet installer une autre ligne bien connue de l'île : Mojito.
Nous nous retrouverons dans de l'eau glaciale face à de magnifiques cascades qui sortent des parois. 

Nico – Grand Galet – Ligne Mojito 

    Le lendemain, nous sommes allés poser la highline de 3 bassins. Nico ne se sentant pas bien, suite à un probable mélange de coup de chaud, coup de froid à Grand Galet et les bouchons réunionnais y étant probablement aussi pour quelque chose, nous le laissons chez Georgina et partons retrouver Ludovic et d'autres locaux qui nous aiderons à installer cette ligne dans une ravine face à l'océan. Apparemment cette ravine est habituellement sèche mais puisqu'il avait beaucoup plu les derniers jours, celle ci coulait. Nous avons d'ailleurs du démonter en urgence lorsque le déluge a repris. 

Coco – highline 3 bassins – Photo : Antoine Lequellec

    Les 2 jours suivant, Aurélien Chantrenne (Teten Production) notre vidéaste nous offre 2 jours « off » pour dérusher de son côté et nous laisser prévoir la suite du notre. Nous en profitons donc pour partir sur une randonnée de 2 jours au plateau Kerval avec une vue spandide sur Mafat, et faire quelques repérage.

Nico – Plateau Kerval 

    Le 18 mars, nous partons en fin d'après midi au Maïdo dans l'idée d'installer une highline dans la soirée et de la rider au lever du soleil. Après les 200 virages pour arriver au sommet, nous jetons rapidement nos tentes et hamacs sur une zone de bivouac, enfilons pantalons, chaussettes de ski, et pulls car là haut il fait bien frais le soir, nous armons de nos lampes frontales car il faisait déjà nuit noire, et partons avec nos sacs à dos remplis de matériel au sommet du Maïdo. 

Sauf qu'une fois arrivés là bas nous nous rendons compte que la ligne est faite sur des ancrages de 10 mm et que nous n'avions que des boulots de 12mm ! Il était déjà 20h, et il nous fallait au moins une grosse heure pour redescendre au village le plus près dans lequel nous n'avions quasiment aucune chance de trouver autre chose que des bouchons et des dodos. Nous trouvons par chance un peu plus loin des boulons de 10mm déjà vissés sur des ancrages dont je ne citerais pas l'origine (bien sûr on les remettra en place par la suite) : C'est bon on est sauvés !! Et non ! Malheureusement, ils sont fortement serrés pour éviter que les gens ne les volent (évidemment!). Nous appelons donc Mathieu et Caro qui étaient restés sur le camp pour « faire le feu » (sans bois sec), et nous nous pensons sauvés lorsque Mathieu nous dit qu'il a une pince. Nous repartons donc chercher la pince, remontons, et essayons à nouveau de dévisser ces boulons de 10 ! Impossible !! Ils étaient sacrément bien serrés ! Un nouveau plan nous vient en tête : nous avions vu une 10ène de campements de jeunes bivouaquant sur la montée. Bref, je vous épargnerai donc la visite plutôt marrante des 9 premiers campements avec notre chère TAZ-mobile prêtée par Antoine (voiture de compétition connue internationalement sur l'île), mais enfin arrivés sur le 10ème et dernier campement, nous faisons connaissance avec la « team charette » qui nous rend fous de joie en nous annonçant qu'ils ont une clef à molette à condition que l'on accepte chacun de boire un verre de rhum charrette à leur côté. Ce que l'on fera rapidement avant de les remercier et repartir à toute vitesse installer cette highline. Vers minuit, ça y est la ligne est en place !! 

Nous retournons alors manger notre barbecue et dormir car la nuit va être courte. 


    5 heures du matin, les réveils sonnent, nous rangeons vite nos tentes et montons au Maïdo avant le lever de soleil. 

Ouin Ouin va rapidement en poulie et lampe frontale vérifier que tout est en place et ça y est le soleil commence à peine à se lever que Nico va sur la sangle. Le paysage commençait à s'afficher sous nos yeux et la splendeur de cette highline tant attendue nous était enfin révélée ! Il la passera du premier coup puis commencera à jouer dessus. 

Un chi-fou-mi de famille décidera pour nous que le suivant sur la ligne serait Ouin Ouin et quelques minutes après ce serait mon tour ! Je regrettais déjà de ne pas y être allée la veille lorsque l'on ne pouvait pas voir qu'il y avait 1300 mètres de vides sous notre gauche !! J'y vais tout de même et la traverse en quelques catchs. La vue était tout simplement impressionnante ! Je pense que c'est jusqu'à ce jour la plus jolie highline sur laquelle j'ai pu marcher ! 

Je pourrais vous en parler des heures, mais passons à la suite … 

Nico – Maïdo

    Le lendemain, nous nous reposerons en allant slacker une toute petite ligne au Gouffre d'Etang Salé. L'eau y était très chaude (une 30ène de degrés!) et transparente.

    Le jour d'après nous avions le super projet d'aller à Bassin la Paix installer une highline pour Nico et une jump pour moi juste en dessous, nous avions donc rassemblé toutes les informations nécessaires auprès des personnes renseignées à l'avance, longueurs, point, localisation etc... Seulement, après un réveil à 4h30, 1h30 de voiture, et 1 heure de marche chargés comme des mules de compétition, on arrive sur place et on se rend compte que la jumpline n'est pas « posable » : longueur trop importante et points insuffisants. On abandonne donc complètement ce projet et retrouve un journaliste du JIR (Journal de l'île de la Réunion) qui voulait en savoir plus sur notre projet.
Une double page sortira dans le journal dimanche d'après. 

Journal de la Réunion 

    Le 22 mars, nous partons pour une journée repérage et récupération de matériel pour les jours d'après.

Et comme toute journée repérage qui se respecte, on la commencera par 2 petits sauts en parachutes pour repérer des highlines du dessus:). La consigne principale dans le centre de parachutisme Bourbon : « si tu tombe dans l'eau, tu libères puis tu nage vite au bord car n'oublies pas qu'il y a des requins ! ». Classique comme consigne !!

Bref, Nico repérera une super highline au dessus d'une ravine. 

Nous partons ensuite récupérer des spits, emprunter un perfo à Zero 3000 (encore merci), quelques élingues … puis organisons notre prochaine grosse ligne...

Repérage du dessus

    Le lendemain, nous organisons une grosse session slack à Etang Salé afin de rencontrer les locaux. 

    Le 24 et 25, encore et encore du repérage ! Nous montons au volcan dans le but d'y trouver une ligne majeure à poser. Le décor est magnifique ! Nous trouverons une ligne incroyable au dessus du cratère Commerson. Reste à réfléchir comment la poser ! La roche est monstrueusement friable et pas un arbre à l'horizon ! Nico l'installera et la slackera malheureusement après mon départ, faute de temps. Il vous racontera ça plus tard. 

Nous partons également percer ma ligne (enfin c'est pas la mienne, seulement celle de mes rêves) : la jump de Cap méchant. 

La roche est légèrement instable … 

La plaine des sables

    Le 26, nous partons installer une jump dans une cocoteraie. Par chance, aucune noix de coco ne me tombera dessus pourtant j'aurais bien essayé de les secouer ces cocotiers !! 

    Le 27, nous y voilà !! La ligne que j'ai tant attendu !!! La jump à Cap Méchant ! Après 3 semaines de lutte acharnée, à y penser jour et nuit, elle est là !! Maintenant à moi de jumper:) 

C'est la jump la plus impressionnante sur laquelle je suis montée, la plus belle, la plus marrante, et sûrement aussi la plus difficile ! 

Il fallait en plus de gérer les figures en elles-mêmes, gérer les 2 back-ups qui faisaient des « clap-clap » sous la sangle, l'anneau du leash qui venait se mettre entre la jump et mes fesses, le leash qui essayait de s'enrouler autour de mon corps, les vagues qui venaient me repousser de la sangle, les pailles en queues qui volaient autour de la ligne … Bref, un vrai casse tête mental et physique ! J'ai adoré !! 

Coco – Jump à Cap Méchant – Photo : Slack Réunion

Coco – Front Flip – Cap Méchant 

    Et voilà, le séjour s'arrêtera pour moi après cette ligne, des souvenirs pleins les yeux et le cœur. Nico m'accompagnera le lendemain à l'aéroport. Lui, restera 10 jours de plus pour réaliser les dernières lignes qui l'attendent. Il vous racontera tout ça plus tard.... 

Nicolas a aussi eu la chance de passer sur les plateaux télévisés locaux pour parler de votre passion ?

La réponse en vidéo en suivant le lien suivant : http://www.linfo.re/videos?ps=1014200